Des histoires, de la culture, un peu de tout...
La Saint-Valentin est une fête totalement injuste, la plus immorale qui soit : elle rend les gens aigris par leur célibat encore plus aigris, et les gens heureux de vivre en couple encore plus heureux.

Il existe une fête des amoureux, mais aucune fête des célibataires. Pourquoi ? Le marché des célibataires ne doit pas être très porteur ; il y a deux fois moins de célibataires que de personnes qui vivent en couple : les personnes casées vont par paire, alors que les célibataires, eux, sont seuls. Logique. Quoiqu’il en soit, je me demande si l’INSEE n’a pas fait un sondage ou une étude statistique sur le sujet.
Mais bon, les statistiques ce n’est pas mon fort : j’avais appliqué une méthode statistique pour tenter de comprendre pourquoi j’étais un célibataire chronique. Les résultats étaient catastrophiques.
J’estimais à 80 % le pourcentage de personnes de ma connaissance que je ne pouvais pas supporter (soit à cause d’une tare psychologique ou d’une addiction à une substance quelconque). D’autre part, j’estimais aussi à 80 % le pourcentage de gens qui me connaissaient et qui ne me supportaient pas (soit à cause d’une tare psychologique que je ne m’étais pas encore découverte, d’une addiction à une substance quelconque, comme le chocolat ou les pâtes, ou tout simplement à cause de mon caractère de cochon). « Parfait, me direz-vous ! Au mieux, il y avait 20 % de tes connaissances qui te supportaient et vice-versa. Tu étais vraiment un gros boulet, si tu n’arrivais pas à trouver quelqu’un parmi eux ». Le problème, c’est qu’avec moi, il vaut mieux envisager l’hypothèse la plus pessimiste. On coupe donc la poire en deux : on tombe à 10 %.
Parmi ces 10 %, il ne faut pas oublier que la moitié de ces personnes est de la gente masculine (voire même plus de la moitié, vu qu’il y a plus de femmes que d’hommes dans le monde). Quoiqu’il en soit, étant hétérosexuel, non pratiquant à l’époque, mais hétéro tout de même, cela réduisait à 5 % le pourcentage de mes connaissances avec qui j’avais une chance. J’ai bien conscience que devenir bisexuel aurait doublé mes chances de trouver quelqu’un, mais… non, sans façon ! Ensuite, parmi ces 5 %, certaines avaient dépassé l’âge limite que je me suis fixé pour mes conquêtes et d’autres n’avaient pas 18 ans (par contre aujourd’hui…). Ce qui faisait descendre le pourcentage à 2 % (estimation prenant en compte le vieillissement de la population).
Après, il faut considérer mes principes : ne jamais sortir avec une fille qui n’est pas célibataire. On réduit encore (à la louche) de moitié : 1 %. A ce stade, mon amour propre m’avait obligé à changer d’échelle : on va plutôt dire 10 ‰. Dix personnes sur mille. Encore fallait-il que je connaisse mille personnes, qui plus est mille filles. Qui peut se targuer de posséder un carnet d’adresses contenant mille personnes ? Mais peu importe. Sur ces dix filles, la moitié pouvait ne présenter aucun intérêt (culturel ou autre). Trois d’entre elles pouvaient avoir des opinions politiques que je ne partage pas. Il ne restait plus que deux personnes de la gent féminine.
Avec ma chance, elles auraient été lesbiennes et seraient sorties ensemble. Je n’aime vraiment pas les statistiques. Heureusement qu’elles se trompent parfois.